mercredi 22 juin 2011

Confirmation de la présence du Lézard ocellé dans la vallée du Lot / Cantal.

Une mention assez récente de Lacerta lepida existait sur Vieillevie dans le Cantal (G. POTTIER com pers à S GAGNIER). A la suite de notre redécouverte récente de l'espèce sur St Santin de Maurs, nous avons effectué une nouvelle prospection en compagnie de Samuel GAGNIER pour tenter d'observer l'espèce dans la vallée du Lot, seul autre secteur du Cantal où l'espèce a été mentionnée.




La prospection fut couronnée de succès avec 2 observations, un couple sur Vieillevie et une femelle au "Port".
Soit 2 petits noyaux de populations qui font le lien avec celle bien connue et répertoriée dans les vignobles du Fel (Aveyron).





 
 
Versants ouverts et entretenus au Fel (12).
 
Nos prospections se sont concentrées sur les espaces "naturels" : pelouses, anciennes vignes et vignes cultivées, bords de parcelles et chemins avec de nombreux murets etc.


Bien que ces espaces aient largement régressé sur le Cantal (contrairement à la zone du Fel) gagnés par les broussailles et la forêt, ils existent encore en plusieurs points autour des villages ou des hameaux  et l'on pouvait raisonnablement supposer que leur surface était encore suffisante pour abriter une population (restreinte ?) de Lézard ocellé.
Et pourtant, dans ces espaces "naturels" les prospections se sont révélées négatives, le lézard vert les fréquente, mais l'ocellé n'a pas été vu (une obs non certaine dans les vignes tout de même).
 
En revanche, les ocellés semblent s'être rabattus sur les hameaux et les villages où nos 2 observations ont été faites.
Est-ce que ces espaces encore entretenus sont l'ultime refuge du lézard ocellé devant l’embroussaillement général des anciens milieux ouverts ? 
 
La comparaison avec les populations du Fel se révèlerait un atout précieux pour mieux cerner les milieux fréquentés par le Lézard ocellé. En effet, sa présence au sein de l'habitat "humain" suppose des mesures de conservation bien différentes de ce que l'on pourrait proposer en milieu "naturel" ou agricole (vignes etc.).
C'est un enjeu de connaissance important pour favoriser la conservation de ces populations à l'avenir.
@ bientôt
HC.

jeudi 21 avril 2011

Le lézard ocellé toujours présent dans le cantal en 2011 !


Une journée de dense prospection à Saint Santin de Maurs en compagnie de Samuel GAGNIER, agent ONF et herpétologue, aura permis d'observer ce discret "géant".

Après 4 heures de prospection discrète, enfin vers onze heures du matin un bruit de fuite attire notre attention et après une longue attente près d'un tas de pierres sous un fourré de genévrier apparaît une tête, puis le haut du corps qui nous permet de confirmer l'observation d'une femelle de lézard ocellé.
En mesurant les rochers où était tapis le lézard, la taille estimée est de au moins 40cm tête/queue (ind relativement petit / jeune donc).
C'est une bonne nouvelle qui confirme donc que l'espèce est bien toujours présente dans le cantal  la dernière observation datant de 2006 (voir article).
Cette journée de prospection nous aura aussi permis de visiter avec  S. GAGNIER, herpétologue confirmé, plusieurs autres sites locaux où le lézard fut signalé et d'analyser leur potentiel.Le bilan est cette fois nettement moins réjouissant, dans les alentours de St Santin (limite Aveyron comprise) les milieux sont peu favorables à l'exception du lieu d'observation. Les secteurs présentant des pelouses calcaires alternant avec de nombreux fourrés sont très limités en surface, et s'ils permettent probablement la circulation de l'espèce,  ils ne peuvent en aucun cas abriter de population viable.
A noter que la carrière du puy des fours à chaux va redémarrer. L'ancienne exploitation avait laissé des espaces nus lentement recolonisés par la végétation et qui étaient devenus un lieu potentiel intéressant pour l'espèce.
De plus, notre prospection nous aura permis de constater l'omniprésence de l'habitat humain qui grignotte les coteaux secs (construction d'habitations en lisière du site Natura 2000), et l'abondance de chats gros prédateurs de lézards qui mettent directement en danger l'espèce.
 
                                         
Par ailleurs, même sur le site d'observation, si le lapin de garenne est présent, il  n'y a quasiment aucun terriers, le lézard doit donc se contenter des failles et trous entre les blocs calcaires et sous les fourrés, mais ne peut pas compter, sur ce site, sur les lapins pour lui fournir des gîtes faciles. 


Nouvelles constructions en limite des buttes calcaires
 
En conclusion, le site Natura 2000 de Saint Santin hérite d'une grande responsabilité pour la conservation de cette espèce qui malgré une surface très faible semble se maintenir, mais sans que l'on puisse esquisser la tendance évolutive de sa population. On peut en effet craindre une régression des effectifs vu les éléments cités plus haut et le caractère "insulaire" de ce noyau de population apparemment isolé de ceux du Lot ou de la vallée du Lot.
Nous souhaitons que dans le cadre du PNA lézard ocellé tous les acteurs potentiels concernés par l'espèce se mobilisent pour définir des actions fortes sur ce petit noyau de population en limite Nord de son aire de répartition.
@ bientôt
HC.
Un site à découvrir pour saisir ses observations : http://www.onem-france.org/lezard-ocelle/wakka.php?wiki=Carto2011

vendredi 11 mars 2011

Asplenium trichomanes var. incisum (re)découvert dans le Cantal.

Nouvelle observation de cette variété fort originale d'Asplenium découverte initialement par hervé CHRISTOPHE en 2004, mais dont la station fut considérée détruite en 2007 et 2008.

Asplenium trichomanes L. var incisum MOORE est une étonnante fougère dont les pinnules sont profondémment incisées.

J'ai découvert l'espèce en 2004 sur la commune de Vieillevie dans la vallée du Lot / département du Cantal. La station initiale regroupait 4 touffes, plus quelques touffes éparses avec des formes intermédiaires.
Mais cette station fut détruite en 2007 par le décapage du rocher  et mur de soutènement de la route (nettoyage pour enlever les denses racines de lierre), et en 2008 aucun pied n'était réapparu sur ces substrats.
Pour 2010 ce sont donc 2 touffes redécouvertes (plus quelques pieds à frondes intermédaires), à environ 2m de l'ancienne station (où le rocher est de nouveau colonisé par le lierre mais le taxon toujours pas reparu). Une des touffes est très maigre (2 frondes) mais l'autre est très fournie.

C'est Michel BOUDRIE qui identifia l'Asplenium découvert  en 2004 et me mit en relation avec Claude JEROME, botaniste Alsacien renommé (décédé en 2008) et auteur d'un article fort documenté sur ce taxon.
Vous pouvez trouver l'article en question en suivant ce LIEN.
Cette forme est citée de longue date, connue depuis le XVIIème siècle et notamment décrite en Grande Bretagne.
Ce taxon reste toutefois extrêmement rare, connu aussi de Belgique et des Alpes, il est noté en France dans 8 départements (15, 42, 43, 48, 81, 06, 70, 88 et danciennes mentions 76 et  57) où seules quelques rares stations sont mentionnées.
D'après Michel BOUDRIE, il ne s'agit pas d'un hybride car il a déjà observé des individus fertiles où les spores sont bons. 
 

Les murs et les parois de la partie Cantalienne de la vallée du Lot sont riches en ptéridophytes sur parois. On y trouve les trois Polypodium Auvergnats (dont P. cambricum), Anogramma leptophylla y est assez courante, Asplenium foreziense, Asplenium obovatum se bilottii, Asplenium X alternifolium etc.
Nous avions d'ailleurs découvert avec Eric Brugel du CBNMC en 2006 le très rare Asplenium X alternifolium n-subsp heufleri, hybride de A. septentrionale et Asplenium trichomanes se quadrivalens, alors que l'essentiel des hybrides de ces deux espèces rencontrés en Auvergne se rapportent à A. trichomanes se trichomanes.
C'est donc une petite région naturelle fort riche en découvertes originales parmi les espèces, variété set formes de fougères. A visiter d'urgence pour ceux qui ne connaissent pas !

A l'heure actuelle il est difficile de dire si la station est menacée, Nous avions bon espoir de revoir l'espèce suite au précédent décapage, mais ce ne fut pas le cas. Et pourtant nous retrouvons une touffe nouvelle qui n'existait pas en 2004/2007. Les actions d'entretien du mur de soutènement de la route reprendront certainement, mais la touffe principale étant sur le mur loin de toute racine de lierre on peut espérer qu'elle réchappera de l'opération future.
Le propriétaire du terrain sous la route semble avoir fait quelques semis d'arbustes fruitiers  (d'où l'entretien du mur attenant), il serait pertinent de prendre contact pour s'assurer de préserver la station.
Il conviendrait également d'étendre les prospections alentours de façon systématique pour tenter de localiser d'autres stations.
Asplenium foreziense 

@ bientôt
h. CHRISTOPHE

mardi 18 janvier 2011

Plan National d'Action (PNA) Lézard ocellé


Le projet de plan national d'action du Lézard ocellé est en ce moment même transmis aux partenaires pour avis.

Avis aux connaissaeurs de cette splendide espèce, je vous mets en lien le projet de PNA :
 
PNA Lézard ocellé 

 N'hésitez pas, faites remonter vos infos, directement ou à travers Biome si vous le souhaitez.
Biome va transmettre ses données sur l'espèce car les infos sur le Cantal datent de Brugière ! Depuis nous avons pu confirmer l'espèce sur St Santin de Maurs et la vallée du Lot.
Pour mémoire, nous avons abordé le sujet dans un article du blog en 2009 : ICI


@ bientôt
HC

samedi 3 juillet 2010

Floraison fantastique de Nigritella austriaca (= Gymnadenia austriaca) sur la principale station du secteur de Grandval.


Le versant oriental du Plomb compte plusieurs stations de Nigritelle bien connues depuis les inventaires de Jean DAUGE dans les années 90.



Elles se maintiennent assez bien et l'une d'elles vers le Cirque de Grandval a toujours été la plus importante, oscillant entre 250 et 350 pieds alors que les stations périphériques comptent au plus qq dizaines d'individus.

En 2009, la floraison avait déjà été remarquable avec plus de 450 pieds comptabilisés !

Cette année, une première visite de Jean DAUGE avait permis de constater un gros retard dans la floraison, mais déjà la croissance de nombreuses tiges qui annonçait peut être une nouvelle floraison importante. C'était l'occasion de mettre en place un comptage plus précis que dans les années antérieures.


 
Le 01.07 h. CHRISTOPHE et j.DAUGE organisaient un comptage minutieurx sur le site avec découpage du site en zonages et prospection systématique par bandes.

Résultats : 899 pieds recensés avec une marge d'erreur estimée très faible (env 2-3%), et l'extension de la station cartographié plus finnement sur photo aérienne.

Il s'agit donc de la plus importante station du Massif Central actuellement connue.


Le site est également unique pour sa richesse botanique, ces versants couverts de nardaies montagnardes à subalpines "ruisselllent" d'Anémones souffrées (Pulsatilla alpina se apiifolia), et on y compte 7 espèces d'orchidées, nombre remarquable pour des milieux de haute montagne ! :

Gymnadenia austriaca, Gymnadenia conopsea, Orchis macula, Dactylorhiza maculata, Pseudorchis albida, Coeloglossum viride, Plathanthera chlorantha, toutes AC à CC.



Un site exceptionnel à découvrir et à protéger.

@ bientôt

samedi 19 juin 2010

Messicole


Petit arrêt au pied du Devès en Haute Loire, non loin du Puy en Velay, pour découvrir une splendide station d'Agrostemma githago près de la Garde de Moutet à Bains.



La Nielle des blés colonise les champs de céréales meso-oligotrophes de la plaine à l'étage montagnard.
 



Les seules secteurs où l'espèce semble se maintenir sont le Velay oriental, la planèze de Saint Flour et les Hautes Combrailles.
 

Partout ailleurs la régression est constante et alarmante depuis les années 50 ou Chassagne la signalait comme "Commune" en de nombreux secteurs céréaliers traditionnels de l'Auvergne.
 
Engrais et pesticides sont les principales causes de cette régression très forte des plantes messicoles en général et de la Nielle des blés en particulier.

 

La grande majorité des stations concerne quelques dizaines de pieds tout au plus, aussi ce magnifique champs colonisé par quelques milliers d'individus est il un spectacle aussi rare qu’inattendu !
 



@ bientôt

HC

mardi 26 janvier 2010

La moule perlière


Ce mollusque d'eau douce rare en france possède quelques unes de ses plus belles populations dans le Nord du Massif Central. On peut citer la fameuse vallée de l'Ance qui coule sur du pur granit dans les monts du Forez, ou encore pour le Cantal le ruisseau d'Escalmels à l'Ouest de Laroquebrou.
Mais proche d'Aurillac, la moule perlière possède encore une population relictuelle sur la commune de Roannès Ste Marie. Les linéaires concernés sont d'ailleurs inscrits pour devenir un des futurs sites Natura 2000 de linéaire de cours d'eau (qui concernent les ruisseaux abritant la moule perlière, l'écrevisse à pattes blanches ou la loutre).
Nos dernières prospections sur le ruisseau concerné font apparaître que l'espèce y est présente en plusieurs points, pour une population totale de quelques dizaines de coquilles (au minimum)
Il existe par contre des populations isolées dans d'anciennes dérivations peu alimentées en eau et qui s'envasent. Sur l'une d'elle on a pu constater la présence de plusieurs dizaines de coquilles de moules mortes pour seulement quelques unes encore vivantes. On ignore la cause exacte de cette mortalité, mais il est probable que cela soit directement du la dégradation de la digue en amont qui constituait le point d'entrée de l'eau.
Par ailleurs, l'espèce est aussi localisée sur des affluents au ruisseau principal, mais ces derniers sont hors site Natura 2000, il conviendra de revoir les limites proposées actuellement pour intégrer ces populations.
Nous avons donc pris contact avec les gardes pêche pour signaler la situation.


Il est grand temps que la procédure Natura 2000 démarre sur ces sites isolés au sein de territoires ou la pression agricole et humaine s'intensifie. Par ailleurs, une gestion apparaît nécessaire pour l'entretien et la conservation des ouvrages ponctuant le cours d'eau afin de conserver l'alimentation en eau des déirvations. On pourra ainsi espérer qu'a terme on puisse à nouveau observer l'insolite spectacle de ces populations de moules... qui cotoient des truites...